Superpoze \\ For We The Living

A 24 ans, Gabriel Legeleux alias Superpoze revient avec 2ème album "For We The Living". Sur fond de fin du monde, Superpoze surprend par une musique qui privilégie la quiétude à la danse. La question qui l'anime : les catastrophes seraient-elles la forme ultime de création artistique ?

Retour sur les influences et la genèse de cet album.

Né le 26 juin 1992 à Caen, Gabriel Legeleux est bercé par la musique dès sa plus tendre enfance. S’il avoue que plus jeune il ne partageait pas les goûts de son père pour la variété,  sa mère,  très mélomane, lui faisait découvrir des albums de pop des années 90 et de musique électronique. Baigné dans cette famille au “bon goût musical”, Gabriel a développé dès son plus jeune âge une véritable passion pour la musique. Toujours prêt à sortir un disque de sa collection pour parler d’un morceau ou d’un artiste, le jeune garçon a une culture musicale impressionnante.

A 3 ans il découvre la musique avec le piano. Plus tard il prend le chemin du Conservatoire pour y apprendre les percussions pendant 7 ans. Le déclic a lieu à 14 ans alors qu’il commence à bricoler de la musique sur son ordinateur. Il décide de quitter le Conservatoire où il ne trouve plus sa place. Au lycée il monte un groupe de ska punk avec 5 amis dont Théo Le Vigoureux (plus connu sous son nom de scène Fakear). Sa carrière solo débute avec le projet Superpoze dès ses 18 ans.

“Je ressentais le Conservatoire comme un endroit où on formait des interprètes, assez peu de créateurs” - Gabriel Legeleux

A 19 ans il crée son propre label “Combien Mille Records”. Plutôt que de développer un véritable catalogue d’artistes, c’est surtout un moyen pour lui de faire sa musique. S’il est distribué par une major, il garde la main sur la création artistique via son label. Pour lui le modèle historique de création/distribution via les majors est dépassé et invite les autres artistes à créer leur labels.

En véritable touche-à-tout de la musique, Gabriel navigue entre des univers musicaux très variés. En plus du projet Superpoze, il est également un producteur respecté. On le retrouve notamment aux manettes du premier album solo de DJ Pone (ex-Birdy Nam Nam). Cette activité de production lui permet aussi d’assouvir sa passion pour le rap puisqu’il travaille également avec Nekfeu ou Lomepal.

Inspiré par la French touch et le hip-hop, Superpoze signe son premier  EP “From the cold” en 2010, puis en 2013 on le retrouve avec le maxi “Pavane” et l'EP “Jaguar”. Une fois sa licence d’histoire en poche, il peut se consacrer à 100% à la musique. Il se produit de plus en plus en live et en 2015 il fait son apparition dans les charts avec “Opening”, son premier album.

“Opening” est une étape clé pour l’artiste. Jusqu’alors, il composait plusieurs morceaux et sélectionnait ses préférés pour en faire un EP. Avec Opening, il y a eu une volonté de créer des morceaux qui soient écoutés comme on lit un livre. Les morceaux de l’album ne prennent un sens que s’ils sont réunis.

“Ça n’aurait aucun sens de sortir ces morceaux sur plusieurs EPs.” - Gabriel Legeleux

A l’heure  de la consommation massive de musique en streaming, le format LP reste pertinent pour Gabriel qui s’attache à livrer un album dont les morceaux sont cohérents entre eux et se concentre sur les mélodies et leur progression tout au long de l’écoute.

Dans la même veine, les projets “Darkside” de Nicolas Jaar & Dave Harrington ou “Kid A” de Radiohead, sont des références pour Gabriel qui imagine ses albums comme des oeuvres complètes.

Fort de sa formation classique au conservatoire, Gabriel a su proposer dès son premier album un mix très équilibré entre les sons, les ambiances et les références. Les premières expériences de tournée ont obligé l’artiste à faire des choix entre interprétation acoustique avec du piano en live ou au contraire, ce qu’il a fait jusqu’à présent, emmener ses titres sur des rythmes plus techno.

On ne peut pas parler de la musique de Gabriel sans évoquer sa seconde passion : la peinture. Gabriel aime la peinture et développe très tôt  une passion pour le surréalisme et Magritte en particulier. Utiliser des éléments concrets, pour s’évader hors du réel, c’est ce qui définit la musique selon lui.

“On utilise des sons, des harmonies pour créer des émotions qui nous emmènent au delà de notre perception du réel. Je pense ma musique d’un point a à un point b, comme un voyage.” - Gabriel Legeleux

Pour son nouvel album “For we the living”, Superpoze nous propose une œuvre unique et variée, loin des modes. Ce nouvel album est un habile mélange d’arrangements électroniques et de piano mélancolique. On découvre un univers où les samples se font discrets et où la puissance de la techno sert des mélodies plus pop. Fort de sa culture artistique éclectique, les nombreuses influences de Gabriel sont habilement distillées tout au long de l’album comme une invitation au voyage.

En écoutant “For we the living”, on est plongé dans un univers imaginaire sur fond de fin du monde et de catastrophes naturelles. Inspiré par le land art et plus particulièrement par les écrits de Walter De Maria qui voit dans les catastrophes la forme ultime de création artistique, Gabriel cherche à créer une sensation de vertige. Comme une histoire qu’on raconte, l’album est à écouter en une fois. Loin d’être pessimiste, on découvre alors un album lumineux et plein d’espoir. Les morceaux s'enchaînent et les images défilent devant nos yeux dans une chronologie où la catastrophe semble inéluctable.

En ouverture, “Signal” nous plonge dans une ambiance planante avant que la machine infernale ne se mette en marche avec “For We the Living” et “Azur”. Au sommet du vertige, “Thousand Exploding Suns” pivot de l’album met fin à ce chemin apocalyptique. On reprend son souffle avec “On the Mountain Top” et “Hidden” qui laissent place à la beauté de la renaissance. Le temps du renouveau est arrivé, la vie reprend le dessus avec la voix de Dream Koala qui vient clore cette aventure sur le titre “A Photograph” (seul morceau avec du chant). Et comme un ultime rappel, “The Importance of Natural Disasters” nous replonge en 2 minutes dans l’atmosphère de l’album.

Un album plein d’émotions, qui ne laissera pas indifférent ceux qui prendront le temps de l’écouter.

Un album à écouter sur Deezer, Spotify ou Qobuz :

  1. Signal
  2. For We The Living
  3. Azur
  4. Thousand Exploding Suns
  5. On The Mountain Top
  6. Hidden
  7. A Photograph
  8. The Importance Of Natural Disasters

En concert le 30 mars à l’Elysée Montmartre (Paris). Et aussi à Toulouse, Biarritz, Laval, Rennes, Bordeaux Lille, Rouen, Nancy et Marseille (infos sur sa tournée).