Piers Faccini \\ I Dreamed An Island

Pour clôturer ce beau mois d’octobre, rien de tel que la douce et sensible folk de Piers Faccini. Enregistré dans sa maison/studio des Cévennes et autoproduit sur son label Beating Drum, ce septième album “I Dreamed An Island” raconte l’histoire d’une généalogie imaginée, quelque part entre réalité et fiction.

Sous prétexte de nous faire voyager au coeur de la Méditerranée du XIIe siècle, cet album se présente finalement comme un manifeste sur la richesse du multi-culturalisme et délivre un message d’espoir dans une période de doutes.

Et pour saisir tous les détails de son cheminement, Piers Faccini, également peintre à ses heures, a créé un blog dédié aux étapes de création de l’album, retraçant ses réflexions, ses rencontres et ses réalisations. Une démarche “slow” et généreuse dont nous tentons de vous donner un aperçu ici.

“Quand on oublie d’où on vient, on prend le risque de rapidement oublier qui on est et où on va.” - Piers Faccini

Piers Faccini a, par nature, un patrimoine riche : né en Angleterre d’un père Anglais et d’une mère Italienne, sa famille s’installe en France alors qu’il a 5 ans. De retour en Angleterre pour ses études au prestigieux Eton College, il commence à poser de la musique sur ses poèmes et se produit à Londres à partir de 1997.

Fasciné par la région méditerranéenne, ses différents albums cherchent constamment à marier ou à créer des ponts entre divers styles musicaux. Pour ce nouvel album, Piers Faccini est allé puiser, sous les conseils de son frère Ben, dans l’ouvrage de John Julius Norwich consacré à la Sicile médiévale pour construire son île fantastique et musicale. Les 10 titres de l’album se raccrochent à cette période de l’Histoire qui date de 800 ans, alors que Sarrazins et Normands prospéraient ensemble, et que Musulmans, Chrétiens et Juifs priaient côte à côte.

“Pour ce nouvel album, j’ai eu envie de naviguer un peu plus loin dans les eaux du sud de l’Europe, de me concentrer sur ces moments de l’Histoire où les cultures et les traditions ont convergé et se sont croisées.” - Piers Faccini

C’est ainsi qu’il conjugue ses racines, mêlant langues anglaise, française, italienne - plus précisément le salentino, dialecte des Pouilles -, à des mélodies baroques, parfois aux accents bluesy, des ondes orientales et rythmes andalous. Guitare électrique, percussions, instruments d’époque (psaltérion, guitare baroque, théorbe, viole d’amour) et traditionnels (guitare marocaine, cornemuse italienne, tambour perse) se répondent ou se mêlent sans excès ni chichis.

“J’ai peur d’un monde où nos mains ne seraient pas libres de tracer nos pensées.” - Piers Faccini

Mais Piers Faccini n’est pas un doux rêveur. Sensible aux mutations de la société, ce fervent opposant au Brexit livre dans cet album des chansons engagées. Comme “Bring Down the Wall”, hymne baroque dénonçant le projet de Donald Trump de construire un mur à la frontière américano-mexicaine ("Abattez le mur, faites-le trembler jusqu’à la dernière pierre.") ou “Drone”, évoquant les ravages causés par les armes ("J’ai vu ma ville disparaître sous la fumée").

Un album riche vous l’aurez compris, qui mérite de s’y attarder pour déceler toutes ses subtilités.

Ecoutez “I Dreamed an Island” sur Deezer ou Spotify, en parcourant le blog dédié.

  1. To Be Sky
  2. Drone
  3. Bring Down The Wall
  4. Cloak Of Blue
  5. The Many Were More
  6. Judith
  7. Beloved
  8. Anima
  9. Comets
  10. Oiseau

Retrouvez les inspirations de “I Dreamed an Island” à travers la playlist de Piers Faccini.

Rencontrez l’univers de Piers Faccini au Café de la Danse le 8 décembre, ou à la Philharmonie les 11 et 12 février 2017.