Get Well Soon \\ Love

En ce lendemain de Noël et veille du Nouvel An, nous vous invitons à une balade autour de l’amour en (re)découvrant “Love”, le quatrième album de Konstantin Gropper, alias Get Well Soon.

Après une période sombre, Konstantin Gropper s’interroge sur l’amour et nous livre ses réflexions à travers une musique positive et lumineuse. Un vrai remontant pour finir l’année en beauté.

Konstantin Gropper est né le 28 septembre 1982. Il grandit dans la campagne sud-allemande auprès d'un père professeur de musique classique qui lui donne les bases de la composition et le goût de la musique lyrique. Il apprend le violoncelle puis de multiples instruments (le violon, le piano ou la guitare). A 14 ans, la vague Nirvana et, d’après lui, la paresse l’éloignent du classique et il monte son premier groupe grunge. En 2005, il gagne le prix Erich Fried récompensant la mise en musique des textes du poète autrichien.

Konstantin Gropper choisit ensuite l'exil. Après quelques temps passés à Dublin, il s'installe à Berlin, qui devient son second port d'attache (avec Mannheim) où il poursuit des études de philosophie, se résignant à suivre la filière enseignante. En parallèle il consacre son temps libre à travailler seul sur ses premières compositions qui feront la matrice du premier album “Rest Now, Weary Head! You Will Get Well Soon” qui sort en 2008. Il puise son influence aussi bien dans la musique classique, dans le son des Balkans, chez Ennio Morricone que chez Thom Yorke et Radiohead et réinvente ainsi le format pop en mêlant des ingrédients classiques, électro ou folk.

Solitaire et réservé, Konstantin Gropper choisit de le produire sous le nom “Get Well Soon”, comme si la musique devait annoncer un renouveau, l'espoir d'un jour meilleur ou un effet curatif.

Lors de sa sortie en Allemagne, l'album affole tous les blogs et se retrouve rapidement n° 2 des ventes de disques indépendants. Wim Wenders est lui aussi convaincu et lui demande alors de composer 2 morceaux pour la BO de son film “Rendez-vous à Palerme” présenté à Cannes la même année.

Fort de cet accueil, il creuse et enrichit son style “opéra intime” : “Vexations” en 2010 puis “The Scarlet Beast O' seven heads” deux ans après, autour du thème de l’Apocalypse, font l'effet d'un crescendo.

En 2014 succèdent trois EP dans lesquels il montre la diversité de ses sources d'inspiration, allant jusqu’à consacrer l’un d’entre eux à des reprises surprises (“Careless Whisper de George Michael, “Rocket Man” d’Elton John ou encore “Always the Sun” de The Stranglers).

“Je n’ai aucun problème à mettre l’activité artistique sur le même plan qu’un travail de bureau régi par des horaires fixes. Je m’estime d’ailleurs plus productif le matin, contrairement au soir, sinon parfois pour trouver des paroles, après avoir bu un peu de whisky.” - Konstantin Gropper
 

Rien n’a notablement changé depuis ses débuts. Konstantin Gropper se contente d’une pièce tranquille, dans laquelle il organise son emploi du temps de manière méthodique. Multi-instrumentiste et chanteur, Konstantin Gropper mûrit entièrement ses morceaux dans sa tête, ils en sortent tout prêts, avec trompettes et violons, grand piano et choeurs… Au moment d'enregistrer, les autres musiciens ne font qu'exécuter une partition écrite dans ses moindres détails. Pourtant, le groupe Get Well Soon existe bien, et il s’en dégage une puissance collective. Au milieu de sa troupe, Konstantin Gropper en est la pointe et la base, le chef d'orchestre.

“J’ai découvert assez tardivement la pop. Ma principale source d’inspiration, jusqu’à présent, avait été le classique et les musiques de films. Pour l’écriture de “Love”, je me suis plongé dans la pop des années 70 et 80, j’ai écouté Tom Petty, Fleetwood Mac, les Pet Shop Boys, autant de choses pour lesquelles j’avais montré, à tort, une forme de dédain.” - Konstantin Gropper

“Love” est explicitement bâti sur un concept : onze titres autour de l’Amour, ce thème vieux comme le monde, souvent ringardisé mais jamais mort. Konstantin Gropper s’est demandé : “Qu’est-ce que l’amour ?”.

Sa vision des choses est plutôt nuancée, rien qu'à lire les titres : “It's a tender maze” (“C'est un tendre labyrinthe”), It's an airlift (“C'est un pont aérien”), It's a mess (“C'est un foutoir”), It's a fog (“C'est un brouillard”)... Musicalement, la tonalité mélancolique du prologue est trompeuse. Une moitié des morceaux qui suivent a au contraire des airs de triomphe. Batterie carrée, guitares sonnantes, accords majeurs… Bowie a été pour Konstantin Gropper l’un des principaux points d’ancrage, ce qui se devine en filigrane de chaque chanson.

“Oui, je suis un romantique. Dès l’origine de ce projet, dès le choix de ce nom , il y avait cette propension au romantisme qui a toujours guidé mes choix. La musique dépourvue d’émotion ne m’attire pas. On peut coller plein de choses derrière le mot ‘romantisme’, mais pour moi c’est avant tout un état émotionnel que j’essaie de traduire en musique.” - Konstantin Gropper


Le vrai manifeste arrive au coeur du disque. “It's love”, après un break de cuivres rompant le tempo tendu, égrène tous les aveux que suggère l’amour à Konstantin : “L'amour… je ne pourrai pas m'en débarrasser… je ne peux pas y croire… je ne peux pas me taire à son sujet… j'y laisserai jusqu'à mon dernier souffle… et je préférerais crever que de vivre sans…”.

Un bel écho au “certificat de garantie” apposé au dos du premier album : “J'ai fait de mon mieux pour rendre cette musique aimable.” Encore l'adjectif “aimable” rend-il mal la notion de “loveable” d'origine. Adorable ? Quoi qu'il en soit, “Love” est un album qui dépasse les limites de son contenu : dans sa pulsion plus viscérale que cérébrale, il donne envie certes de le réécouter, mais tout simplement d'aimer plus encore la musique.

(Re)découvrez “Love” sur DeezerSpotify ou Qobuz :

  1. It’s a Tender Maze
  2. It’s a Catalogue
  3. Eulogy
  4. It’s an Airlift
  5. It’s Love
  6. Marienbad
  7. 33
  8. Young Count Falls for Nurse
  9. I’m Painting Money
  10. It’s a Mess
  11. It’s a Fog

Ecoutez l'EP "Born With Too Much Love" fourni dans l'édition limitée du coffret 2 CD sur DeezerSpotify et Qobuz : 

  1. Confessions
  2. Too Much Love
  3. Roses, Pink Roses
  4. Gluttony
  5. Werewolves