Bonobo \\ Migration

Nous l’attendions et le voici enfin : découvrez “Migration”, le sixième album de Bonobo. Libéré de son studio et oeuvrant désormais sur son ordinateur portable, partout dans le monde, à toute heure du jour ou de la nuit, Simon Green, alias Bonobo, partage dans cet album sa vie de globe-trotter et sa réflexion autour de la migration.

« La musique est le miroir de la vie. » - Simon Green

Né le 30 mars 1976, Simon Green s’installe à Brighton dès l’âge de 18 ans après avoir fui le foyer familial pour cause de violences. C’est en solitaire qu’il développe son intérêt pour la musique. Bassiste de formation, il manie aussi bien les platines, se perfectionne aux techniques de sampling et d'enregistrement, et adopte le nom de Bonobo.

Ses 2 premiers albums “Animal Magic” (2000) et “Dial 'M' for Monkey” (2003) sont uniquement instrumentaux. Ils sont composés à l'aide de la technique du sample, très utilisée dans les styles hip-hop et trip hop des années 1990, et rendue possible grâce à l'évolution des échantillonneurs. Ainsi, sa musique est constituée d'une superposition d'échantillons sonores, composés à partir d'instruments réels ou virtuels pour la plupart, ou récupérés à partir de différentes sources musicales telles que des enregistrements sur vinyle.

Simon Green rejoint ensuite Londres où il produit son troisième album “Days to Come” (2006), dans lequel il ajoute à ses compositions les voix de la chanteuse Bajka et de Fink. Cette richesse instrumentale et vocale lui valent un grand succès : il est élu “album de l'année” par le très influent DJ Gilles Peterson. Par ailleurs, son électro subtile et variée est très appréciée tant par la critique que par les illustrateurs sonores qui utilisent ses musiques pour accompagner des jeux vidéos ou publicités, et contribuent à asseoir sa notoriété.

Simon Green revient ensuite en mars 2010 avec l’album “Black Sands”, relayé par des chroniques toujours avantageuses. Il s’installe à Brooklyn en 2011 et voyage de plus en plus pour assurer des lives en Europe et aux Etats-Unis. Mais c’est avec son sixième album, “The North Borders”, sorti en 2013, qu’il effectue une tournée sans précédent. Classé au Top 30 anglais et numéro 1 des charts de musique électronique aux États-Unis comme au Royaume-Uni, cet album l’emmène, pendant 18 mois, sur 4 continents et dans 30 pays, pour 175 concerts devant environ 2 millions de spectateurs.

Après presque trois ans sur les routes, sans domicile fixe, Simon Green retourne à New-York et trouve l’”environnement bruyant et stressant”. Il décide alors d’essayer l’autre côte et s’installe à Los Angeles.  

“Ici, je suis dans le cœur créatif de la ville. Ça n’a rien à voir avec ce que j’ai pu vivre à Londres ou à New York. Et c’est sans doute ce qui donne cette couleur à l’album.” - Simon Green

Nourri par tous ces déplacements ainsi que par son déménagement dans une nouvelle maison, dans une ville pleine de gens venus d’ailleurs, l’album “Migration” a quelque chose de très spécial.

Puisant à la fois dans son nouvel intérêt pour les sons réels et les “instants de spiritualité euphoriques” vécus durant ses nuits à travers le monde, Simon Green a placé la vie migratoire instable, déchirante et souvent magnifique au cœur de sa compréhension de l’humanité – et donc, de la musique. Pour lui, “Migration” est “l’étude des gens et des espaces”.

“Il est intéressant de voir comment une personne peut prendre une influence d’une région du monde puis l’emporter avec elle pour influencer une autre partie du monde. Au fil du temps, les identités des lieux nouveaux évoluent.” - Simon Green

Le nouvel album de Simon Green est lui-même un témoignage de ce changement et de cette évolution. En effet, si ce thème est le fruit d’une réflexion sociologique, il est également le reflet de questionnements personnels.

Alors qu’il travaillait sur son nouvel album, Simon Green et sa famille éparpillée aux 4 coins du monde se sont réunis à Brighton pour les funérailles d’un membre de sa famille proche. Un retour aux sources qui a joué un rôle important et l’a questionné sur sa vision personnelle de l’identité et des origines : est-ce que notre maison est celle où l’on habite, ou bien celle d’où on vient, quand on bouge tout le temps ?

“Migration n’a rien de revendicatif et ne fait pas référence aux politiques actuelles. Cela dit, indirectement, il reflète l’état du monde, le fait que l’on puisse avoir une influence sur la nature, et inversement. C’est un disque à entendre comme une collection de cultures.” - Simon Green

Le titre éponyme qui ouvre l’album donne le ton : Simon Green y concocte un savant mélange entre des programmes électroniques complexes et une ligne de piano improvisé (par Jon Hopkins), pour retranscrire l’impression de mouvement.

Puis Simon Green poursuit autour du thème de la migration à travers ses invités et le choix de l’origine des sons qu’il utilise.

Pour “Break Apart”, Simon Green a créé la structure musicale lors d’un vol Miami-Los Angeles, tandis que Michael Milosh, chanteur du groupe Rhye installé à Los Angeles, originaire du Canada, a enregistré sa voix dans une chambre d’hôtel à Berlin. Sur “No Reason”, il a invité Nick Murphy, alias Chet Faker, originaire d’Australie. Nicole Miglis, du groupe Hundred Waters, originaire de Floride, a prêté sa voix pour “Surface” alors que le groupe marocain Innov Gnawa, basé à New York, s’est emparé des choeurs de “Bambro Koyo Ganda”.

En outre, Simon Green a utilisé un sampler et a mixé des sons trouvés lors de ses nombreux voyages : un ascenseur de l’aéroport d’Hong Kong, la pluie à Seattle, un sèche-linge à Atlanta ou encore le moteur d’un aéroglisseur à la Nouvelle Orléans.

La touche de mélancolie qui donne cet esprit cinématographique a été apportée à son retour à Los Angeles, lorsque la tournée a pris fin et que tout est redevenu calme.

Un beau voyage à vivre sur BandcampDeezerSpotify ou Qobuz :

  1. Migration
  2. Break Apart (feat. Rhye)
  3. Outlier
  4. Grains
  5. Second Sun
  6. Surface (feat. Nicole Miglis)
  7. Bambro Koyo Ganda (feat. Innov Gnawa)
  8. Kerala
  9. Ontario
  10. No Reason (feat. Nick Murphy)
  11. 7th Sevens
  12. Figures

A voir en concert à l’Olympia le 8 mars 2017 (complet).